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Le fiasco des introductions en bourse de WeWork provoquera-t-il l'éclatement de la bulle technologique de Wall Street?

Le fiasco des introductions en bourse de WeWork provoquera-t-il l'éclatement de la bulle technologique de Wall Street?


Ce fiasco suit les premiers mois difficiles sur le marché boursier d'Uber et de Lyft en particulier.

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Photo par Eloise Ambursley sur Unsplash

Avant que son projet d'introduction en bourse ne devienne un véritable fiasco et soit finalement abandonné, tout semblait sourire à WeWork et à son fondateur fantaisiste, Adam Neumann. La société, qui prétendait être une société de technologie et voulait révolutionner le monde du coworking, avait réussi à connaître une croissance exceptionnelle depuis la signature de ses premiers contrats de location en 2010.

Ainsi, début 2019, WeWork affichait une valorisation de 47 milliards de dollars à l'issue du dernier tour de financement auprès des investisseurs. Parmi eux, le groupe de télécommunications Softbank, qui, bien que lourdement endetté, a tenté de jouer un rôle de catalyseur du marché en investissant plus de 7,5 milliards de dollars dans la seule société d’Adam Neumann.

Bien que Softbank dispose de ressources pratiquement illimitées via le Fonds Vision, qu’elle détient depuis 2016 en partenariat avec l’Arabie saoudite, elle doit néanmoins faire des sorties positives pour récupérer des liquidités. L’introduction en bourse de WeWork était donc destinée à lui permettre de réaliser un tel résultat.

La tournure des événements a finalement coûté à Adam Neumann sa position de leader et pourrait même coûter plusieurs milliards de dollars à Softbank. Pire encore, WeWork s’engage maintenant dans un plan économique massif avec des licenciements importants. En résumé, le moment est venu de rationaliser un modèle dont la croissance semblait illimitée grâce aux milliards d’investisseurs privés.

L’histoire de WeWork commence en 2010 à New York lorsque Adam Neumann et Miguel McKelvey ont fondé une startup dont le but est de fournir des installations et des services de coworking.

Les débuts sont prometteurs et en 2014, WeWork est considéré comme le locataire des nouveaux bureaux à New York dont la croissance est la plus rapide. Quelques mois plus tard, ce champ d'application s'étend simplement à l'ensemble des États-Unis. En 2016, WeWork a réuni 430 millions de dollars lors d'une nouvelle ronde de financement.

En janvier 2017, SoftBank est entré dans la danse en investissant 1 milliard de dollars dans WeWork, qui ne réalise toujours aucun profit et utilise les montagnes de liquidités fournies par les investisseurs pour continuer à se développer à un rythme soutenu. En juillet 2017, SoftBank fait toujours partie d'un nouveau cycle de financement qui permet à WeWork de lever 500 millions de dollars et d'être évalué à 20 milliards de dollars lorsqu'il n'a pas encore généré de profit.

Enfin, WeWork est évalué à 47 milliards de dollars en janvier 2019, alors que SoftBank détient désormais 114 millions d’actions et a investi plus de 7,5 milliards de dollars dans la société du fantasque Adam Neumann. SoftBank incite donc ces derniers à réaliser l'introduction en bourse de WeWork en 2019 afin de surfer sur la côte au plus haut niveau de cette société qui se veut techno.

Néanmoins, au milieu de l’été, la publication par WeWork de son document d’introduction en bourse soulève encore plus de questions et en particulier de doutes chez les investisseurs potentiels. L’immense croissance de WeWork a été financée par des investissements privés et les pertes sont énormes, atteignant près de 2 milliards de dollars en 2018 et dépassant déjà 900 millions de dollars d’ici la mi-2019.

En outre, de très sérieux doutes subsistent quant à la capacité de WeWork à honorer les 40 millions de dollars de loyers non garantis par rapport aux loyers impayés qu’il a fallu déployer dans plus de 500 bâtiments à travers le monde.

Les banques en charge de l'introduction en bourse tentent ensuite de convaincre WeWork de reporter sa date d'introduction à 2020 afin de disposer de suffisamment de temps pour rassurer les investisseurs. Néanmoins, rien n'est fait et de plus en plus de gens commencent à considérer que WeWork ne ressemble en rien au démarrage technologique tel qu'il se prétend. Pour eux, il s'agit simplement d'une société immobilière classique.

Enfin, le comportement douteux d’Adam Neumann ne joue pas en faveur de WeWork et bien que SoftBank le presse de quitter son poste de PDG, rien n’est fait, mais l’introduction en bourse de WeWork doit enfin être annulée afin d’éviter un désastre. Selon certaines sources, l’introduction en bourse aurait permis de valoriser WeWork à hauteur de 10 milliards de dollars…

Le fiasco de WeWork s’ajoute aux introductions en bourse décevantes d’Uber ou de Lyft qui ont eu lieu plus tôt en 2019. Plus de six mois après leur introduction en bourse, le cours de l’action de ces deux startups Tech est toujours bien inférieur à leur prix de lancement.

Evolution du cours de l'action Uber depuis son introduction en bourse

Il semblerait que les sociétés technologiques qui perdent beaucoup d’argent tout en finançant leur croissance avec de l’argent d’investisseurs privés ne soient plus à Wall Street.

Il est à noter que ce type de startup offre des gains d’environ 5% au mieux cette année, alors que l’indice S & P 500 affiche une augmentation de 18% sur la même période. Cela donne forcément à réfléchir et pourrait indiquer un renversement de tendance, alors que par le passé, les actions nouvellement cotées affichaient une surperformance significative.

Bien qu'il soit difficile de savoir si cette tendance se poursuivra en 2020 et dans les années à venir, il est certain que l'avenir de WeWork s'annonce très difficile. Le retour sur terre est difficile pour Adam Neumann qui ne serait même pas milliardaire aux dernières nouvelles…

L’échec de l’introduction en bourse de WeWork ne lui a pas permis d’obtenir les lignes de crédit nécessaires pour poursuivre ses investissements massifs afin d’assurer son développement. La société doit donc réduire la surface de navigation. Cela commence par un plan de licenciement massif qui devrait toucher 10 à 25% des effectifs de WeWork. Pour rappel, WeWork compte actuellement 12 500 employés qui aident la société à gérer ses 500 sites dans plus de 30 pays.

Une rationalisation complète des activités de la startup est également prévue dans les mois à venir. La société qui cherchait à se diversifier dans l’éducation ou la location d’appartements devra probablement se séparer de ses activités trop loin de son cœur de métier.

Il est difficile de savoir si cela sera suffisant pour remettre une entreprise sur la bonne voie si les lourds engagements financiers qu’elle devra respecter au cours des prochaines années pourraient clairement causer sa perte. En attendant, WeWork ne peut que mettre en œuvre un plan économique massif. Le PDG de SoftBank, un fervent partisan d’Adam Neumann, est également à l’honneur. Il est notamment accusé d'avoir soutenu aveuglément WeWork et son fondateur pendant de nombreuses années.

La mésaventure de WeWork est enfin symptomatique des excès du capitalisme actuel avec des startups surévaluées par des investisseurs privés tels que SoftBank alors qu’elles souffrent de pertes abyssales. Ces investisseurs aux moyens excessifs cherchent avant tout à jouer le rôle de catalyseur de marché.

Est-ce le début de l'éclatement de la bulle technologique?

La transition vers le marché public est le test décisif qui redonne vie à ce type de startup. Tout le monde n’est pas Amazon, qui a pu se permettre de comptabiliser des pertes de plus de 5 milliards de dollars lors de ses premières années d’inscription à Wall Street, tout en continuant de bénéficier du soutien sans faille des investisseurs.

On peut donc légitimement se demander si l’échec de WeWork lors de son introduction en bourse, mais aussi dans une moindre mesure celui d’Uber et de Lyft avec des cours de bourse décevants, pourrait être le début de l’éclatement de la bulle technologique qui s’est formée autour de ces start-up Tech.

Ainsi, l'introduction en bourse d'Airbnb sera scrupuleusement observée en 2020. En effet, la société de location, qui compte 150 millions d'utilisateurs dans plus de 65 000 villes, a annoncé son intention de se lancer sur le marché public l'année prochaine.

Et ceci malgré la mésaventure de WeWork…

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